Images au hasard

Repères chronologiques de la présence des moines en Algérie

 

 

Notre-Dame de l'AtlasL'abbaye Notre-Dame de l'Atlas,monastère de cisterciens-trappistes, fondé le 7 mars 1938 à Tibhirine, près de Médéa, en Algérie, s'inscrit dans une histoire plus large de présence des moines sur la terre algérienne. Après l'assassinat des 7 frères, et une tentative d'installation d'une nouvelle communauté en 1998, les cisterciens ont quittés l'Algérie en s'établissant au Maroc près de Fès. Le nom "Monsatère Notre-Dame de l'Atlas" est depuis attribué au monastère situé a Midelt au Maroc, le monastère de Tibhirine ayant pris depuis lors le nom de "Notre-Dame de Tibhirine".

 

La période coloniale

Première présence de moines en Algérie

19 août 1843 ; sur demande de Mgr. Dupuch (évêque d’Alger), 14 religieux cisterciens s'établissent à Staouëli, sur 1020 hectares à défricher. Le village a été fondé en 1843, à 17 km d'Alger, à l'ouest, par Mr de Corcelle, député de l'Orne en France.
En août 1845, est consacrée l'église de la Trappe de Notre Dame de Staouëlli.
En 1846, le monastère atteint 20 prêtres et 47 frères : la ferme devient rapidement une ferme modèle de l'Algérie avec en particulier des vignes et des légumes. La communauté comptera jusqu'a 100 moines.
Le P ch de Foucault passe trois mois à Stouëlli en 1901 avant de descendre vers Tamanrasset..
En 1901 sort la loi sur la liberté d'association qui limite entre autre les droits des congrégations religieuses.
En 1904 les moines quittent le pays en anticipant la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat  (1905), en vendant le domaine agricole au colon Henri Borgeaud. C'est la fin de la première présence des moines en Algérie.
Les trappistes s'installent en Italie à Maguzzano; seul le frère François reste en Algérie et verra le retour de sa communauté en 1934 à Benchicao
Le domaine de Tibirine (Tibharine)
En 1848, un premier contingent de colons de Paris, essentiellement des chômeurs, s'installe à Lodi.
En 1865, la famille Lachaise crée le domaine de Tibhirine à partir d'une source et en 1873 cette famille obtient le document cadastral de possession des terres.
Construction de la maison en 1870 Cf . date au-dessus de la chambre de frère Christian -dehors-
construction du bassin 1875 Cf . date au-dessus de l'écoulement
En 1888, c'est l'arrivée du chemin de fer pour exporter par une voie étroite les minerais sur Alger et ensuite par bateau vers la France ( voie ferrée dans la Chiifa).
En 1892, Sir Henry Merhosen, consul anglo-saxon à Alger achète le domaine de Tibhirine. Cf. écriture sur la grande carte.
1912 le domaine est vendu à Mr Benoit Mosca, avocat à Alger.
1920, le domaine est géré par la famille Chicker Saïd, pour le compte de Mr Mosca

Le retour des moines en Algérie

De 1933 à 1934 , un groupe de moines de l'abbaye Notre-dame de la Délivrance (Rajhenburg en Slovénie réfugiés en Italie à Maguzzano ) et d'Aiguebelle (France) migre en Algérie, d'abord dans un refuge monastique dans les  Ouled-Trift (1934) puis Ben-Chicao (1935)  dans la maison de "L'assistance" (Cf photos ; le propriétaire s'appelait M. Moine.)
Les moines achètent ensuite le domaine de Tib-Harine (jardins potagers en berbère) à la Socété par actions « le domaine de Tib-Harine », propriété de l'avocat Benoit Mosca. Tib-Harine deviendra Tibhirine en 1962).
Le 7 mars 1938 , la communauté de Ben-Chicao s'installe sur le domaine sous le patronage de Notre-Dame de l'Atlas. (Croix de la fondation dans le préau). La communauté compte 13 moines dont certains étaient à Staouëlli. La feme et les terres attenantes comportent 374 hectares.
Le 17 août 1939, les frères Celestin et Eugène vont chercher dans l'ancien cimetière de Staouëlli une grande statue de la vierge. Celle-ci est représentée enceinte, surmontant un croissant de lune, la tête couronnée de douze étoiles (vierge de l'Apocalypse). Ils la ramènent à Tibhirine et la fixent sur le rocher Abd-el-Kader, dans la montagne, où elle est bénie le 8 septembre 1939.
Aout 1938, construction du dortoire et de l'infirmerie (couloir des cellules des moines)
En 1939 la communauté de 20 moines vit de la vente des produits de la vigne.
En 1939-1940, construction du cloître qui relie le chais à la maison d'origine du domaine.
1946 arrivée de Frère Luc (Paul Dochier) entré à l’abbaye d’Aiguebelle en 1941.
1947 construction du dispensaire
Le 26 septembre 1947, le monastère recoit le statut d'abbaye. Le premier abbé est Dom Bernard Barbaroux (ancien abbé de Maguzzano)(démission en 1951) : il recoit la bénédiction abbatiale le 13 octobre 1947 avec la crosse abbatiale  de l'abbaye de Staouëlli (crosse datée de 1856) ce qui montre la filiation directe de Tibhirine avec Staouëlli).
Pendant la guerre, par crainte de troubles, les habitants de Tamesguida se mettrent sous la protection du monastère contribuant au développement du village
De 1948 à 1951 les moines, prolongent le bâtiment par une nouvelle église et  l'amorce d'un nouveau cloître, espérant que la communauté s'agrandisse. Les plans prévoient une église à la perpendiculaire avec le cloître qui se continue Cf. les pierres en attente, la porte murée et, dans le jardin, la pierre qui marque l'angle (loin dans l'allée) de la future église.
En 1951 les moines sont 38 et ensuite environ 25.
Le 2 octobre 1951, le deuxième abbé de Tibhirine est élu : Dom Jean-Marie Fricker (démission en 1962).

La période de l'indépendance

En 1958, lors de la guerre d'Algérie, le monastère est perquisitionné par les Fellagas.
En 1958, frère Luc (médecin) et un autre moine frère Mathieu sont enlevés par le FLN. Ils sont libérés quelques jours plus tard.
En 1962, il ne reste plus que quelques moines. Les moines envisagent la fermeture du monastère. Mais le décès de l'abbé général de l'ordre cistercien de la stricte observance, Dom Gabriel Sortais, le soir même de la signature du décret, suspend la décision. Mgr Léon-Etienne Duval, évêque d'Alger demande aux responsables de l'ordre de maintenir une communauté sur place. Un nouvel abbé, Ignace Gillet, renforce la communauté. Huit nouveaux frères, issus de Timadeuc et d'Aiguebelle, arrivent en 1964. Les autorités algériennes exigent que la communauté ne compte pas plus de 12 moines.
En 1962-1964  le domaine est nationalisé. Les moines gardent 17 ha dont 12 ha de terres agricoles.
En 1972, la communauté  se réduit et les moines transfèrent l'église dans le chais (église actuelle).
Le 31 mars 1984 Christian de Chergé est élu abbé.
En 1984, les moines renoncent au statut d'abbaye pour devenir prieuré autonome. Christian en est le prieur.
Le 26 janvier 1988, à la demande de Mgr Hubert Michon, archevêque de Rabat, le prieuré Notre-Dame de l'Atlas fonde un monastère annexe au Maroc, près de Fès.
Les évènements tragiques
Le 29 octobre 1993, le GIA lance un ultimatum aux étrangers leur intimant l'ordre de quitter le pays avant le 1er décembre.
15 décembre 1993, assassinat de 12 croates à Tamesguida (4 km de Tibhirine)
24 décembre 1993, la nuit de Noël,  intrusion de l'émire du GIA, saya Attyah, au monastère de Tibhirine.
En 1996, huit moines vivent les voeux monastiques à Tibhirine : Père Christian de Chergé (le prieur), frère Luc (Paul Dochier) (médecin), frère Michel Fleury (ancien docker), , frère Paul Favre-Miville (ancien plombier), Père Celestin Ringeard (ancien prêtre éducateur de rue) , Père Christophe lebreton (le responsable des cultures) , Père Amédée (Jean Noto), Père Jean-Pierre Schumacher. Père Bruno (Christian Lemarchand) (ancien directeur de collège) est à Fès dans la fondation de Tibhirine.Un prêtre ermite, Robert Fouquez, s'installe en 1996 dans la maison du dispensaire, son ermitage ayant été incendié).
Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, enlèvement de 7 moines (Frére Christian, Frère Luc, Frère Christophe, Frère Michel, Frère Bruno, Frère Celestin, Frère Paul). Père Bruno  était rentré le soir même de Fès au maroc pour l'élection du prieur. Frère Amédée et Jean-Pierre échappent a l'enlèvement. Père Thierry Becker, Père Jean-Marie Jehl, Père Denis Pillet et un algérien logeaient dans le couloir des moines ; p.s Myriem, p.s. Marie-Danièle, p.s. Jamila, sr Renée, étaient à l'hôtellerie (Robert Fouquez et Claude Rault n'étaient pas là ce jour là)
26 avril 1996 communiqué 43 du GIA justifiant l'enlèvement des moines.
21 mai 1996, les 7 moines sont égorgés selon le communiqué 44 du GIA.
23 mai 1996, « radio Médi », annonce la mort des moines.
25 mai  1996 découverte des têtes des moines a l'entrée de Médéa
27 mai 1996, publication du testament de Frère Christian par le journal « La Croix ».
30 mai 1996, décès du cardinal Duval.
2 juin 1996 messe de funérailles à la basilique Notre-dame de l'Atlas à Alger.
4 juin 1996 enterrement des 7 frères au cimetière de Tibhirine.

Après les évènements tragiques de 1996

De 1998 à 2001, une communauté de trappistes revient en Algérie, communauté formée de moines de Citeaux en France, de Pologne, d'Espagne et du Mexique. Frère Jean-Pierre avait pris la responsabilité de la communauté du Maroc.
Le monastère de Tibhirine prend le nom de monastère de Notre-Dame de Tibhirine.
En 2000, le monastère de Midelt au Maroc prend le nom de Notre-Dame de l'Atlas.
Le 21 mai 2001, les trappistes quittent Tibhirine et le monastère est confié au diocèse d'Alger.
Le 21 mai 2001, le Père Jean-Marie Lassausse arrive pour assurer une présence et prend en charge les arbres fruitiers et la culture des légumes.
De 2007 à 2009, trois petites soeurs de Bethléem font un essai de présence à Tibhirine, le Père Jean-Marie Lassausse poursuit le travail sur le domaine agricole.
Septembre 2010 sortie du film « Des hommes et des dieux »