En 2018, l’Église catholique a béatifié 19 martyrs chrétiens d’Algérie qui ont donné leur vie au milieu de milliers de musulmans morts dans les années 1990. Parmi eux, 7 moines cisterciens du monastère de Tibhirine.
Leur chemin – d’oser la rencontre avec l’autre différent, d’accueil, de fraternité, d’amitié, du choix de rester malgré les difficultés – peut nous inspirer aujourd’hui dans nos chemins de conversion personnelle de carême ou de ramadan.
Comme vous le savez peut-être, cette année marque les 30 ans de leur mort, et les 10 ans de présence de la communauté du Chemin Neuf dans ce monastère, communauté catholique à vocation œcuménique présente dans une trentaine de pays.
Nous proposerons sur cette page une méditation et une intercession chaque jour du carême.
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« Après la visite de Noël [1993], il m’a fallu quinze jours, trois semaines, pour revenir de ma propre mort. On accepte très vite la mort, ne vous inquiétez pas, mais pour reprendre pied ensuite, on met du temps. Après, je me suis dit : ces gens-là, ce type-là avec qui j’ai eu ce dialogue tellement tendu, quelle prière je peux faire pour lui ? Je ne peux demander au bon Dieu : Tue-le. Mais je peux demander : désarme-le. Après, je me suis dit : ai-je le droit de demander : désarme-le, si je ne commence pas par demander : désarme-moi et désarme-nous en communauté. C’est ma prière quotidienne, je vous la confie tout simplement. »
Récollection de carême, 8 mars 1996, dans « L’invincible espérance » p.311
Seigneur, Tu as créé l’homme et la femme à ton image. Tu sais mieux que quiconque le potentiel d’amour, de beauté, de bonté de tes créatures, puisque Tu les habites. Pour celles et ceux qui qui se défigurent en choisissant la violence, qui te rejettent, engouffre toi dans la moindre faille de lumière qui les habite et fais leur découvrir par ton Esprit Saint la force qu’ils peuvent gagner en choisissant la douceur, la paix.
« Si nous pensons à notre frère Henri et à notre sœur Paule-Hélène – comment ne pas y penser ? Nous savons que leur témoignage ne peut se passer de ce qu’en disent tous ceux qui ont longuement bénéficié de leur vie si vraiment donnée. Ils étaient venus, l’un et l’autre, avec un Cœur de pauvre, prêts à accueillir, et ils ont confessé avoir beaucoup reçu de cette foule de gens pauvres qui les pleurent avec nous, témoignant qu’ils leur doivent beaucoup. L’Esprit faisait ainsi le lien de la paix, et c’est Lui qui nous aide à vivre leur sacrifice comme une Pentecôte en proclamant sur eux et avec eux « les merveilles de Dieu ». Je laisse la parole à Henri, lors d’une réunion de notre Ribât, il y a un an :
« Nous sommes tous habités par l’Esprit…Dieu chemine avec ce peuple, avec cette religion, mais je ne comprends pas (je suis comme Marie). Je suis en recherche de ce plan. Je me laisse questionner, et je questionne. Je déstabilise un peu l’autre, et l’autre me déstabilise. Il faut toujours essayer de découvrir ce qu’il y a de positif en chacun, et l’encourager. Être veilleurs, c’est aussi être éveilleurs, c’est aider les gens à vivre selon l’Esprit ». »
L’invincible espérance, p.250-251
En ces jours de guerre, nous te prions pour la Terre Sainte, pour ce lieu où tu t’es incarné, épousant toutes les complexités et les paradoxes de notre humanité. Viens prendre en pitié les habitants de cette terre. A l’approche de cette semaine sainte, durant laquelle le Saint Sépulcre continue à être fermé et uniquement les petits rassemblements seront permis par souci de sécurité, nous te prions d’envoyer ton esprit de sagesse, de vérité et de réconciliation. Toi le juste crucifié, humilié, mais aussi Ressuscité, nous te prions pour une paix juste qui respecte les droits de chacun.
» « Risquer sa vie » n’a aucune valeur. A cause de moi, perdre sa vie pour le Christ signifie « donner sa vie par amour ». Le salut nous vient des autres qui sont pour nous la présence de Dieu appelant à la vie. Si la Foi sauve, c’est parce qu’elle détourne notre regard vers un autre, donc crée une relation qui nous arrache à notre solitude mortelle. Chaque fois que nous quittons le souci de nous-même, pour le souci d’un autre, nous vivons cette Foi, qui est, peut-être à notre insu, Foi en Dieu, « perdre sa vie pour le Christ. » »
Testament spirituel de frère Luc, 8 mars 1994
Frère Luc, médecin, a donné sa vie par amour en prenant soin des malades. Seigneur, nous te confions tous les soignants qui se font proches des patients ; qu’à travers cette expérience de l’autre, ils entendent ton appel à la vie et qu’ils vivent leur foi en Toi.
https://tube.switch.ch/videos/O01EvUpAXa
Ecrit et composé par frère Célestin
« Vouloir sauver sa vie, c’est nous prendre pour centre – c’est perdre. La solitude du grain, c’est la mort ; un fruit qui échappe à la graine est sauvé. Dilemme de la vie chrétienne : la peur ou la Foi. C’est la Foi qui sauve, non la peur. La Foi consiste à donner sa confiance à quelqu’un ou quelque chose qui nous est extérieur. »
Testament spirituel de Frère Luc, 8 mars 1994
Nous commémorons aujourd’hui les 30 ans de l’enlèvement des moines.
Seigneur, nous te confions leurs familles ainsi que les familles des autres martyrs d’Algérie tués durant la décennie noire. Que l’intercession de ces hommes et de ces femmes fortifie l’Eglise d’Algérie, en particulier les chrétiens d’origine algérienne.
« J’imagine assez bien que nous sommes dans cette situation de Marie qui va voir sa cousine Elisabeth et qui porte en elle un secret vivant qui est encore celui que nous pouvons porter nous-mêmes, une Bonne Nouvelle vivante. Elle l’a reçue d’un ange. C’est son secret et c’est aussi le secret de Dieu. Et elle ne doit pas savoir comment s’y prendre pour livrer ce secret. Va-t-elle dire quelque chose à Elisabeth ? Peut-elle le dire ? Comment le dire ? Comment s’y prendre ? Faut-il le cacher ? Et pourtant, tout en elle déborde, mais elle ne sait pas. D’abord c’est le secret de Dieu. »
Depuis 2010, le 25 mars, la fête de l’annonciation est un jour férié au Liban. Cette journée est unique car elle est fêtée en commun par les communautés chrétiennes et musulmanes.
Seigneur Dieu, en ce jour où nous contemplons l’Annonciation, nous te rendons grâce pour Marie, modèle d’écoute, de foi et d’abandon à ta volonté.
Apprends-nous, chrétiens et musulmans, à reconnaître en Marie un signe d’espérance, un pont de rencontre et de respect entre nous.
Que ce pays du Liban malgré tout ce qu’il traverse reste une terre de fraternité,
où chacun trouve sa place dans la dignité et l’amour.

Aménagée en 1970 dans l’ancien chai (entrepôt de vin) de la propriété, l’église du Monastère conserve les faïences réalisées à la main vers 1870 sur des thèmes andalous. Le lieu est imprégné du savoir-faire local, alliant le travail de la vigne au vin, qui devient sang versé pour la multitude dans l’eucharistie et dans le martyre des moines.
Au centre du vitrail, la Vierge Marie se tient debout, humble et compatissante. Sa tête légèrement penchée en avant, visage doux aux yeux baissés, elle tend ses bras vers l’humanité, déversant des diamants de ses mains ouvertes. En haut du vitrail représentant Marie est inscrite l’intercession : ‘’Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous’’. Elle nous rappelle celle inscrite dans le chœur de la Basilique Notre Dame d’Afrique : “Ô Marie, Notre Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans.’’
Dans quatre médaillons sur les vitraux latéraux :
– L’Agneau Pascal rappelle le sacrifice d’Abraham (commun aux chrétiens et musulmans).
– Le poisson ‘’Ichtus’’, signe de reconnaissance des premiers chrétiens, évoque Jonas/Younes et la baleine.
– L’abeille, espérance d’une terre bénie où coulent le lait et le miel, évoque la sourate 16 des ‘’ abeilles’’.
– Le pélican (visible à l’envers sur le vitrail en haut à droite) est sur son nid avec 2 petits. Il évoque celui qui donne son sang pour nourrir ses petits. Il symbolise le Christ et l’eucharistie, représentant le sacrifice rédempteur et l’amour divin.
« La Visitation de Marie est le modèle de toutes les visitations que nous avons à faire auprès de nos frères et sœurs là où nous sommes, dans l’accomplissement de notre vocation et de notre mission. Nous sommes porteurs d’une Bonne Nouvelle et nous prions la Vierge de nous aider à témoigner avec empressement du message de la Parole de Dieu qui naît en nous chaque fois que nous recevons le Corps et le Sang du Seigneur. »
Homélie pour le 4e dimanche de l’Avent C, Fès, 22 décembre 1991
Seigneur, nous te confions toutes les mères de famille. Donne-leur la force et la sagesse nécessaires pour guider leurs enfants avec tendresse et fermeté. Que ton Esprit Saint soutienne celles qui sont fatiguées, réconforte celles qui sont dans l’inquiétude, et illumine leur quotidien de ta paix pour qu’elles restent des piliers d’amour et de foi dans leurs foyers.

Librement le don de Dieu
le chant qui me plaît dit le Seigneur
c’est la voix de l’homme pauvre
juste posée
là nue devant moi
offerte
et je l’habille dit le Seigneur du manteau de vérité
écoute bien Marie ma servante son humilité impose le ton qu’il faut au cœur
car elle chante
comme J’AIME oui
Frère Christophe, Le souffle du don.

Nous te prions pour ceux qui nous entourent et qui sont si différents de nous. Que dans nos relations, nous puissions, comme Marie, être christophores (porteurs du Christ), avec ou sans mots, selon ce qui est nécessaire, mais dans une attitude de rencontre désarmée.
« Il y avait hier matin, au chapitre, une lumière très douce entre nous. Nous étions « tout regard » à l’écoute les uns des autres : à l’écoute de Toi. »
Le Souffle du don, journal de frère Christophe
Seigneur, nous te prions pour toutes les initiatives méditerranéennes de dialogue, qu’elles soient religieuses, intellectuelles, artistiques, culturelles, mais aussi sociales, au service des migrants.
Que la douce lumière de ces pays, la douce lumière qui vient de toi, puisse rejaillir sur toutes ces initiatives, ceux qui s’y engagent et ceux qui en sont éclairés
« C’est le moment et l’urgence. Dans la mesure où, comme depuis toujours les relations entre chrétiens et musulmans en particulier sont conflictuelles, depuis le début de leur histoire. A mon avis il faut regarder l’histoire en face et prendre acte des difficultés que nous avons de nous comprendre, de nous entendre et de vivre ensemble. Et cependant, parce que ces difficultés s’aggravent dans ces dernières années, il est urgent que des hommes et des femmes de bonne volonté se consacrent – peut-être pas à un dialogue islamo-chrétien au sens où ce dialogue toucherait d’abord la doctrine et la compréhension des textes ou du contenu de la foi des uns et des autres – mais à une rencontre renouvelée, à un essai de rencontre pacifique. C’est ce que nous essayons de vivre là-bas, c’est un peu la mission de notre Eglise. »
Seigneur, donne-nous d’oser la rencontre là où elle est possible, de faire le premier pas sans peur, dans l’humilité et la confiance. Ouvre nos cœurs à l’autre, surtout lorsqu’il est différent de nous, et fais de nos vies des lieux de dialogue, de paix et de communion.
Pour voir en entier la vidéo Net for God « Mgr Pierre Claverie un ami pour les Algériens » :
« Puisque pas de « hiérarchie » dans l’Islam, encourager toutes les initiatives à la base : croire à cet «œcuménisme» de la rue (qui manque sans doute pas mal dans le dialogue entre chrétiens séparés, sauf en Algérie où notre petit nombre nous y contraint !) […]
Privilégier les rencontres qui peuvent nous amener à chercher ensemble, plus loin, des comportements ou des réponses de FOI que l’évolution du monde attend de nous. »
Frère Christian, Notes de réunion du Ribât, avril 1990
Seigneur, nous te confions aujourd’hui tous les musulmans qui fêtent l’Aïd el Fitr, qui vient clôturer ce mois de Ramadan. Donne-leur ta paix et ta bénédiction et qu’à l’occasion de cette fête, ils reçoivent des signes d’amitié et d’affection de la part de leurs frères chrétiens.

« Entendu de Mohammed le gardien, un matin de neige :
« Tu vois, Lui, son cœur est tout blanc… Il nous envoie la neige pour blanchir notre cœur. »
Il me faudrait écouter plus encore ce qui dans l’islam de nos voisins résiste au Mal. »
Journal, 17 janvier 1995, Le souffle du don, p. 159.

Comme Joseph qui a dû quitter son pays et son confort, prions pour toutes les familles déplacées ces derniers temps par les guerres, les conflits ou tant d’autres situations. En particulier pour ceux qui, ces derniers jours, sont touchés et déplacés par les violences qui reprennent. Donne-nous d’avoir un coeur ouvert pour chacun.
« Les croyants, les priants ne sont-ils pas invités d’abord à l’ÉCOUTE du Bonheur de Dieu. Invités à lui obéir ensemble, à Le mettre en œuvre avec Lui : pour que cesse le Mensonge qui trompe – au nom de Dieu – l’espérance des pauvres.
Et si le mot de « nouvelle évangélisation » devait être mal entendu de nos frères musulmans, ne faudrait-il pas en prendre simplement… un autre : nouvelle amorisation. »
Homélie, 6e dimanche du Temps Ordinaire C, 16.02.1992
Seigneur, Dieu des chrétiens, des musulmans et de toute la création.
Bénis les familles et les couples qui vivent la rencontre en dépit de leurs différences de cultures et de traditions. Que leur amour soit un signe vivant que la différence n’est pas une menace, mais plutôt une richesse offerte pour apprendre à mieux aimer.
Donne-leur patience, sagesse et tendresse sur leur chemin commun.
Que leurs foyers soient des lieux de respect, d’écoute et de confiance, où chacun peut prier selon sa foi et où l’on apprend à reconnaître Ta présence et Ton amour dans le cœur de l’autre.
Que ces unions et ces amitiés inspirent autour d’elles la tolérance, la bienveillance et la paix.
« Depuis qu’un jour, il m’a demandé, tout à fait à l’improviste, de lui apprendre à prier, Mohammed a pris l’habitude de venir s’entretenir régulièrement avec moi. C’est un voisin. Nous avons ainsi une longue histoire de partage. Souvent il m’a fallu faire court avec lui, ou passer des week-ends sans le rencontrer quand les hôtes se faisaient trop nombreux et absorbants. Un jour, il trouva la formule pour me rappeler à l’ordre et solliciter un rendez-vous : « Il y a longtemps que nous n’avons pas creusé notre puits! » L’image est restée. Nous l’employons quand nous éprouvons le besoin d’échanger en profondeur. Une fois, par mode de plaisanterie, je lui posai la question : « Et au fond de notre puits, qu’est-ce que nous allons trouver ? de l’eau musulmane ou de l’eau chrétienne ? » Il m’a regardé mi-rieur, mi-chagriné : « Tout de même, il y a si longtemps que nous marchons ensemble et tu me poses encore cette question ! … Tu sais, au fond de ce puits-là, ce qu’on trouve, c’est l’eau de Dieu. »
Prier 15 jours avec Christian de Chergé, p.53-54
Seigneur, nous te prions pour tous les enfants et pour leur éducation.
Que les parents aient la sagesse, l’amour et la force nécessaires pour bien les élever. Donne ton Esprit Saint à tous les éducateurs et enseignants qui les accompagnent avec patience et espérance, afin qu’ils puissent grandir dans la confiance, la connaissance et le respect des autres.
Nous te confions particulièrement les enfants qui vivent dans des régions marquées par la guerre, afin qu’ils puissent avoir accès à l’éducation et garder vivante en eux la lumière de l’espérance.

« L’islam est né au désert, comme le monachisme. Il en porte une marque indélébile. Le prophète resta lui-même « enclin à la méditation et au silence ». Et la vie rituelle tend à situer le croyant « seul avec le Seul », même à la Mecque quand les pèlerins se présentent par centaines de milliers. Le muezzin qui appelle à la prière s’exprime en solitaire : « Je témoigne… » (Ashhadu). De plus, au sein de l’islam comme dans le christianisme, s’entretient la conscience de n’être, comme Abraham, «qu’étrangers et voyageurs sur la terre… faits pour aspirer à une autre patrie» (He 11,13ss) à laquelle conduisent tous les chemins de désert. »
Septembre 1989
Prions pour tous les pèlerins chrétiens et musulmans, qui cherchent Dieu sur leurs chemins. Nous te prions particulièrement pour les pèlerins musulmans qui sont à la Mecque, quand ils fêtent « La Nuit du Destin » (Laylat al-Qadr). Que ce pèlerinage et tous les pèlerinages portent des fruits de paix, de fraternité universelle, de communion au Dieu d’Amour dans le cœur de chacun.
« Conduis, Seigneur, tous les croyants là où tu es désarmé, entièrement priant, remis, abandonné à l’Amour. »
“Sais-tu la prière qui unit les membres du Ribât [“lien de la paix”, groupe de rencontres entre amis musulmans et chrétiens] ?
« Seigneur disposes-nous à la rencontre. »
Frère Christophe, qui écrit ce poème Pauvres de toi, après une rencontre du Ribât

Seigneur, aujourd’hui se terminent les jeux paralympiques d’hiver. Fais que, là où nous sommes, nous sachions par Ta grâce nous recevoir de l’autre dans sa différence, surtout quand elle nous gêne, nous insécurise. Que le témoignage de ces sportifs portant un handicap nous enseigne le « vivre ensemble » et transforme notre regard sur ce qu’est réellement un handicap. Que Ta beauté soit toujours plus reconnue dans la rencontre de ceux qui portent une apparente pauvreté.
« Je suis persuadée que notre présence ici, dans ce quartier, a toujours été très importante. Elle est une réponse à l’attente de notre entourage puisque ce sont les gens du quartier qui ont demandé des sœurs. Actuellement, ils demandent que nous restions ici au milieu d’eux…
Je me sens impuissante devant tant de souffrance, mais je sais que Dieu aime ce peuple et j’ai une très grande confiance en Notre-Dame-d’Afrique. Le Christ a dit : « Le Père vous donnera tout ce que vous demanderez en mon nom », et je sais que même si, parfois, Il semble absent, Il est là avec nous, avec moi, je n’ai pas peur. Dans sa lumière, il m’aide à découvrir des merveilles qui se cachent, des solidarités étonnantes, des générosités, des courages surhumains, l’Esprit est là à l’œuvre dans le cœur de chacun et chacune.
Je choisis de rester pour répondre à la confiance qui nous est manifestée par tous et toutes et pour être une lueur d’espérance dans cette terre d’Algérie. »
Alger, octobre 1994
Seigneur, nous te prions pour tous les centres de formation, tel que le PISAI qui a vu passer 7 des 19 martyrs d’Algérie, où les uns peuvent apprendre davantage à découvrir les autres. Nous te prions qu’ils restent des lieux ouverts, qui peuvent aider à déconstruire les préjugés, découvrir les richesses, et pointer aussi les lieux de passage que chaque société ou religion doit vivre

« Les rencontres même imprévues, dévoilent notre péché, parce qu’on n’est pas toujours disponible à ce qui se présente. »
« Rencontres imprévues […] « Et pourtant, c’est TOI » (les imprévus) (hôtes, couscous, etc.)
Chez le kiné : avait perdu ses clés/prière pour lui… des clés dans le fond de la doublure!
Dans le bus : on me fait asseoir… on me paie la place (accueil…)
La Providence qui demande à être rencontrée…
Appel à me convertir à la confiance, à l’abandon
Le mot « rencontre » dans toutes mes lectures : 10 lépreux « à sa rencontre… », Hérode + Jésus : Hérode a fait la rencontre, mais ne l’a pas vu…
Hymne à Vigiles du mardi : « Dans le tourment de ton absence, c’est Toi que nous rencontrons. » »
Frère Michel, Rencontre du 29 octobre au 1ª novembre 1992, Bulletin du Ribât 18, Noël 1992, p. 4.
Seigneur, aujourd’hui, dans ton évangile, tu nous donnes ce double commandement de l’amour : T’aimer et aimer son prochain. Nous te confions nos rencontres, pour qu’elles diffusent ton amour. Que les exclus, les rejetés, les déplacés et les migrants trouvent sur leur chemin des personnes capables d’aller vers eux et de leur donner un peu de bien, un peu d’amour.

« Avec un frère musulman s’est poursuivi et se poursuit un dialogue spirituel qui, depuis la guerre du Golfe, a pris la forme d’une prière quotidienne tous les soirs. Tous les soirs, on se retrouve et nous achevons la journée dans une prière. Il faut dire que cette prière est née le troisième jour de la guerre du Golfe, alors que les deux premiers jours il était complètement hors de lui – il ne mangeait plus, on ne peut pas imaginer la façon dont les choses ont été senties dans le monde arabo-musulman – et le troisième jour il est venu, et puis il y avait quelque chose de tout nouveau en lui, il m’a dit : « Ça y est, j’ai trouvé en moi la paix que la guerre ne peut pas toucher. » »
Heureux ceux qui osent la rencontre, p. 192-193.
Seigneur, nous te prions pour tous les lieux de dialogues entre chrétiens et musulmans. Donnes-nous la grâce d’avoir un cœur disposé à la rencontre. Que ces rencontres soient le ferment d’une meilleure connaissance de l’autre et construisent ainsi la Paix.
« Impossible de prétendre chercher la PAIX si on ne va pas en pauvre à la rencontre des pauvres (le Royaume des Cieux est à eux.)
Paix comme rencontre en Dieu du Père et du Fils. Pauvreté comme cette rencontre en Dieu signée par l’Esprit…
Toute rencontre au service de la Paix se fait dans un climat de pauvreté mutuelle, de besoin de l’autre. « Disposez-vous à la Rencontre ! » »
Homélie pour l’Épiphanie, 3.01.1993.
Prions pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence.
Intention de Prière du Pape – Mars 2026

Vidéo de la prière du pape pour le mois de mars
« Aller vers l’autre et aller vers Dieu, c’est tout un, et je ne peux m’en passer, il y faut la même gratuité. »
Sept vies pour Dieu et l’Algérie, p.34.
« La Rencontre, c’est cette relation qui arrive, imprévue, débordant tout calcul, toute observance : me voici, dit l’autre, devant toi. »
Homélie 30.10.1992
Esprit Saint, donne-nous la grâce d’accueillir les imprévus de ce jour et les rencontres inattendues comme une visitation. Que nous puissions reconnaître ta présence dans les petits événements de nos vies.
« Qui d’entre nous n’est pas appelé à faire une relecture merveilleuse de sa vie, et à voir dans un deuxième regard, toutes les profondeurs de tel évènement, de telle parole, qui sur le moment paraissait assez quotidien, voire banal ? Le passage de Dieu dans nos vies n’est pas toujours perceptible sur le moment. »
Heureux ceux qui vivent en frères, p. 177-178
Seigneur, toi qui agis dans nos vies et celle du monde entier, donne-nous l’intelligence de relire ton passage, les grâces reçues, tout ce que l’on peut tirer de notre quotidien. Apprends-nous à être attentifs à ton passage et ton action aussi dans le cœur de nos frères et sœurs.
Découvrez l’histoire d’amitié de Célestin avec un soldat algérien :
« Arrivé à Oran avec le 8° régiment d’infanterie motorisée depuis septembre 1957, Célestin est envoyé dans la région de Saïda. Nommé caporal, il est affecté au service de la santé. En février 1958, à l’issue d’un accrochage avec le FLN, il s’occupe d’un officier de renseignements, Si Ahmed Hallouz qui, blessé, avait été fait prisonnier. Célestin avait obtenu chaque année un report de sa condamnation à mort, jusqu’à sa libération en 1962 grâce à l’intervention de Mgr Duval. Célestin va rester profondément marqué par tout cela qui restera enfoui jusqu’à ses retrouvailles avec l’Algérie une trentaine d’années plus tard […]
De fait, le 13 septembre au soir, à son arrivée à l’aéroport d’Alger, c’est une rencontre émouvante qui se vit sous les yeux de ses frères de l’Atlas. Il la raconte, quelques semaines plus tard, plein de reconnaissance à son père abbé, Dom Emmanuel, le double cadeau qui l’attendait ce jour-là :
En arrivant à l’aéroport d’Alger, le soir du 13 septembre, j’allais chercher, à l’extérieur de la salle de douane, un chariot pour nos deux lourdes valises ; père Christian était là, ma joie est grande de I’embrasser : nous allons vivre tant de choses ensemble ! Je reviens à l’intérieur de cette même salle de douane ; penché sur ma valise pour la fermer, j’entends : «M. Célestin ? » : je relève la tête au 2° appel… « Si Ahmed ! » Février 58-13 septembre 86… Vingt-huit ans se sont écoulés ; Dieu nous jette dans les bras l’un de l’autre : quelle émotion ! Parti de chez lui à 06 h le matin, il était là avec deux de ses fils, dont Ahmed, celui qui avait quelques mois en février 58 !
J’étais « déchaîné», fou de joie, dans la voiture d’Alger à Tibhirine ; vous savez Père, que ces liens uniques, définitifs, éternels, ont été accompagnés de la présence toute puissante de Dieu, dès 58 ; et le 6 mars 84, un an et un jour après mon entrée à Bellefontaine, (appelé) par le fils aîné de Ahmed terminant ses études d’ingénieur à Versailles, je retrouvais mes frères d’Algérie après vingt-cinq ans de recherche commune, et je découvrais en même temps le monastère de Tibhirine ! Coup double ! Main merveilleuse de Dieu qui préparait tout !… Je dois beaucoup à ceux qui ont donné naissance à ma vie monastique, et qui, sans le savoir m’ont préparé à vivre « ici »… jusqu’au dernier souffle, avec l’aide de Dieu, et la prière des frères ! »
Heureux ceux qui espèrent, p.258-259 et 284-285
« Parvenu à l’âge d’homme, et affronté, avec toute ma génération, à la dure réalité du conflit de l’époque, il m’a été donné de rencontrer un homme mûr qui a libéré ma foi en lui apprenant à s’exprimer comme un climat de simplicité, d’ouverture et d’abandon à Dieu englobant tout naturellement les relations, les événements et les menus faits du quotidien. Notre dialogue était celui d’une amitié paisible et confiante qui avait Dieu pour horizon, par-dessus la mêlée… Il savait que j’étais séminariste, et je le voyais pratiquer prières et jeûnes avec un cœur enjoué. Cet homme illettré ne se payait pas de mots; incapable de trahir les uns pour les autres, ses frères ou ses amis, c’est sa vie qu’il mettait en jeu malgré la charge de ses dix enfants. Il devait concrètement exprimer ce don en cherchant à protéger, dans un accrochage avec ses frères, un ami plus exposé que lui. Dans le sang de cet ami, j’ai su que mon appel à suivre le devrait trouver à se vivre, tôt ou tard, dans le pays même où m’avait été donné le gage de l’amour le plus grand. »
Prier 15 jours avec Christian de Chergé, p.33-34
Seigneur,
nous te rendons grâce pour les anges que nous avons rencontrés ou que nous rencontrons au quotidiens. Des gens parfois simples qui, par leur présence, ont orienté nos vies dans une direction particulière, affermissant un appel, éclairant un chemin, comme Mohammed avec le jeune Christian.
Voir la vidéo Net For God sur Mohammed et Christian :
« Dieu aime ses enfants avec infiniment de respect. C’est pourquoi il les veut libres. Dieu a respecté la liberté de l’homme jusqu’à lui laisser la possibilité de le mettre à mort lorsqu’il s’est fait un des leurs. L’amour ne peut être que la rencontre de deux libertés. Il n’y a pas d’amour dans la contrainte. Dieu sait que notre bonheur ne peut être qu’en Lui, mais il ne peut nous l’imposer. Non seulement il ne le veut pas, mais il en est incapable sinon il ne serait plus ce qu’il est. Il ne serait plus qu’amour. Dieu ne fait que nous proposer son amour. Notre seule action c’est de l’accepter librement, de nous laisser aimer en nous remettant entièrement à lui. Et c’est ainsi qu’il veut que nous aimions: « aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. »
Tibhirine, 2ème semestre 1990, lettre à sa soeur Bernadette
Seigneur,
au cœur des tensions et des peurs qui traversent aujourd’hui le Liban, apprends-nous à respecter la liberté et la dignité de chaque personne.
Nous te confions tous les déplacés, toutes les familles musulmanes et chrétiennes qui ont été obligées de quitter leurs maisons pour trouver plus de sécurité. Sollicite des personnes prêtes à les aider dans le respect et l’amour.
Que ton amour, proposé et jamais imposé, désarme nos cœurs et fasse de nous des artisans de rencontre et de paix.
Découvrez le témoignage de George et Claude, couple d’enseignants libanais ayant travaillé 17 ans dans une région musulmane de leur pays :
« Là où je suis, en Algérie, j’apprends à voir Jésus avec les couleurs, les valeurs d’un peuple en grande majorité musulman. Je rencontre des frères, des sœurs, qui, sans être chrétiens, ont revêtu la sainteté de Jésus, sa patience, son esprit d’accueil et d’hospitalité (Ali au jardin : un homme qui n’a jamais commandé). »
Homélie du 1er dimanche de l’Avent A, 29 novembre 1992
Seigneur,
nous avons tous des préjugés sur l’autre, sur son origine sociale, raciale, sa religion.
Renouvelle nos intelligences pour que nous puissions nous laisser surprendre par le trésor que porte l’autre.
Découvrez le témoignage de Mohammed, un voisin du monastère qui a bien connu les moines. Il nous raconte comment il vit le Ramadan :
« Pouvoir vivre l’accueil monastique avec nos voisins, nos hôtes, jusqu’au seuil du partage, en connaître assez sur l’islam et son langage pour pouvoir nous dire comme moines, c’est-à-dire hommes de l’Absolu, sans risque d’être mal interprétés et, aussi, par un amour authentique qui peut durer jusqu’à la fin du monde, peu importe, ne laisser subsister de notre côté aucun obstacle au cheminement de l’Esprit Saint qui éclaire la foi et les âmes en Jésus-Christ quand et comme il l’entend. »
Heureux ceux qui espèrent, p. 336
Seigneur,
nous te prions pour les moines et moniales de par le monde. Merci pour ces hommes et ces femmes de l’Absolu qui consacrent leur vie à la prière. Renouvelle dans chaque famille monastique son charisme fondateur. Nous te prions également pour les vocations monastiques : appelle à toi les priants que tu voudras.
« Comme lui [le Père de Foucauld], mais selon la tradition cistercienne, je vais imiter la vie cachée de Jésus, je vais vivre l’Evangile dans cette terre d’Afrique, je vais être un « permanent de la prière » de Jésus pauvre, silencieux, serviteur parmi mes frères musulmans. »
Engagement au cours de sa profession solennelle, 21 janvier 1990, Heureux ceux qui espèrent, p. 244

Seigneur Jésus,
Toi qui as vécu la vie cachée à Nazareth, pauvre, silencieux et serviteur de tous, nous te prions pour tous ceux qui choisissent de te suivre sur le chemin de la discrétion et de la fidélité quotidienne.
Nous te prions pour ceux qui vivent leur mission auprès de frères d’autres religions. Fais d’eux des artisans de rencontre, des instruments de dialogue et de respect, des signes de ta tendresse dans un monde marqué par les divisions.
Apprends-nous à être, nous aussi, des « permanents de la prière ».
« Est-ce que nous prions assez, tous azimuts, sans frontières, pour les uns et pour les autres ? Saint Paul nous dit bien dans l’épître aux Romains : « Aux jours d’épreuve, tenez bon, priez avec persévérance. Nous ne pouvons tenir là que si nous prions. Et prier, notamment, en confessant ce qu’il y a en nous de violence, de parti pris, de rejet. »
L’invincible espérance, p. 312-313
Seigneur, nous prions pour la paix dans le monde.
Mets fin à la violence et aux souffrances qui touchent tant de familles et d’innocents.
Touche le cœur des responsables et de tous les peuples afin que grandissent la justice, le dialogue et la réconciliation.
Fais de ces terres bénies un lieu où puissent refleurir la paix, la dignité et l’espérance pour tous.
« J’ai encore et encore besoin de dire : « Maître, apprends-moi… » Non, nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit SAIT, et LUI seul, et c’est ineffable. Aussi, quand j’accepte de ne lui offrir que mon silence, je sais de mieux en mieux qu’il se passe quelque chose et que j’entre dans une symphonie. »
Heureux ceux qui espèrent, p. 418
Seigneur, apprends-nous à prier, à nous adresser à toi de tout notre être, dans notre réalité et notre vérité. Au sein de nos épreuves, apprends nous par ton Esprit le langage de l’amour pour savoir tout confier en toi.
« … il m’a fallu arriver à l’année 76 !!! pour mieux comprendre combien la prière du cœur, personnelle, était très importante, en vous « touchant » et essentielle, et germait au cœur de votre prière ensemble (en priant les Psaumes, et en célébrant l’Eucharistie) ; et en même temps votre vie de prière ensemble vous amène à vivre toutes les autres heures du jour et de nuit (même quand vous dormez !) à vivre votre relation d’amour à Dieu et à vos frères humains. »
Lettre aux frères du noviciat de Bellefontaine, Heureux ceux qui espèrent, p. 273
Seigneur, en ces temps où dans notre monde et au sein de nos pays le risque grandit de vouloir éliminer les autres, supprimer la différence, nous te demandons la grâce de voir notre péché, et de garder l’espérance en l’humanité.
Musique du Notre Père, du frère Célestin : https://tube.switch.ch/videos/2QmFDO5p4c
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« Devant ces événements et ceux du monde, que faut-il penser ?
Dieu ne reste pas sourd à nos prières, mais il ne change pas le cours des choses : « Les choses sont ce qu’elles sont ». Mais Il nous fait le don de son Esprit ; cet Esprit fait alliance avec notre liberté et nous donne la force de les supporter ou de les modifier si nous le pouvons. »
Heureux ceux qui espèrent, p. 118
Seigneur, nous te prions pour les journalistes. Ils portent les informations et actualités du monde dans nos vies quotidiennes. Inspire-les pour que leur parole soit un témoignage au service de la vérité et non au service d’idéologies ou de propagandes. Nous te confions aussi les journalistes qui ont laissé leur vie dans des conflits. Avec eux, nous te prions pour la liberté de pensée et de parole dans chacun de nos pays, au nom du bien commun.
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« La prière est un acte de mission : un dire sans violence, sans arrogance ni volonté de puissance, dans un grand état de faiblesse. Là, peu à peu, nous sommes configurés au Verbe, au langage de la Croix. Là, nous nous sommes disposés à la Rencontre avec tous les amis de la Paix, au lieu même où Jésus et son Père se rencontrent UN dans l’Esprit. […] »
Homélie pour le 14ème Dimanche du Temps Ordinaire C, 5 juillet 1992, La table et le pain pour les pauvres, p. 63.
Seigneur,
nous te prions pour tous ceux qui ont des responsabilités spirituelles, politiques ou familiales. Qu’ils puissent éclairer, accompagner et soutenir ceux qui leur sont confiés. Nous te prions aussi particulièrement en ce jour pour l’Église copte orthodoxe, qu’elle puisse garder l’unité, l’appui de la tradition, l’humilité et la joie d’annoncer la paix et la bonne nouvelle.
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« Il y a au sein d’une vocation tournée vers la prière, un type d’efficacité peu accessible à notre époque de rendement immédiat ; il s’agit de se mettre à l’échelle de l’éternel pour comprendre la logique de certains appels du Seigneur… »
Heureux ceux qui espèrent, p. 319
« C’est vrai que notre prière si pauvre soit-elle pourrait se résumer en cette phrase : « Nous voici, Seigneur, pour faire ta volonté. J’aime la dire pour tous et pour chacun. » »
Heureux ceux qui espèrent, p. 163
Seigneur,
Nous te prions pour tous ceux, chrétiens et musulmans, qui se reconnaissent avoir une vocation particulière tournée vers la prière. Qu’ils soient les témoins d’une écoute active du Seigneur, dans la confiance, la patience et la fidélité, au sein d’un monde où l’efficacité immédiate est souvent recherchée. Que cet appel à la prière nous rejoigne aussi tous, afin de laisser agir le Seigneur à travers chacun de nous dans le concret de nos vies et de ce monde.

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« La prière : je m’y sens appelé, porte-Christ et je crois qu’un jour elle me prendra tout entier, totalement mais j’en suis bien loin. Il ne faut pas trop se presser. C’est un don gratuit de Dieu auquel je peux seulement me préparer par la fidélité quotidienne et simple aux choses de la vie. La vie commune : je tâche d’être frère, être aimé, aimer – et puis l’amitié. »
Texte de présentation à ses frères de Tamié du 29 Août 1979, Heureux ceux qui espèrent, p. 575.
Seigneur, nous te demandons la grâce de la fidélité quotidienne d’être présent à ta présence et aux simples réalités de nos vies, qu’elle soit le terreau de notre amitié avec toi et les autres.
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« Aussi longtemps que nous faisons de notre vie un but en soi ne subsiste aucune raison de vivre, car tout se termine par la mort. C’est dans le Christ que nous découvrons le sens profond de notre vie. Ce que Dieu demande est que nous Lui fassions confiance à Lui et au Christ. »
Heureux ceux qui se donnent, p. 127
Notre monde actuel perd ses repères et se trouve plus en plus en quête de sens.
Seigneur, dans ces transformations que nous vivons, sois la boussole de nos vies. Nous te confions aujourd’hui les jeunes en quête de sens, en particulier ceux qui ne voient pas d’espoir dans leur avenir. Sois leur lumière et leur réconfort.

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« Nous avons donné notre cœur « en gros » à Dieu, et cela nous coûte fort qu’Il nous le prenne au détail. Prendre un tablier comme Jésus, cela peut être aussi grave et solennel que le don de la vie… et vice versa, donner sa vie peut être aussi simple que de prendre un tablier. »
Heureux ceux qui se donnent, p. 133.
« Que la grâce nous soit donnée de vivre l’instant présent : il est porteur de la volonté de notre Dieu et source de paix intérieure. »
Heureux ceux qui se donnent, p. 217-218.
Seigneur, nous te prions pour les défis de nos frères orthodoxes, dont une grande partie commence le carême aujourd’hui. Viens raviver la flamme de Ta parole, source de paix, de réconciliation, d’unité et de conversion.
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« Vis le jour d’aujourd’hui, Dieu te le donne, il est à toi.
Vis le en Lui.
Le jour de demain est à Dieu, il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui,
demain est à Dieu, remets le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d’hier et de l’inquiétude de demain,
la passerelle va céder et tu vas perdre pied.
Le passé, Dieu te le pardonne, l’avenir, Dieu te le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui en communion avec Lui ce Dieu de tendresse.
S’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé,
regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité et comprends que l’aujourd’hui est ta plus grande richesse. »
Prière trouvée sur Soeur Odette Prévost, petite sœur de Charles de Foucauld,
assassinée en Algérie le 10 novembre 1995
Derrière ces paroles de Sr. Odette, nous entendons les tiennes Seigneur : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6, 33-34). En ce dimanche, jour de ta Résurrection, renouvelle en nous Seigneur la confiance en ta Providence.
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Je peux prendre le temps ce WE de voir la vidéo Net for God
Sept frères pour l’éternité – Les moines de Tibhirine
« Que nous soyons ces témoins qui montrent la possibilité de l’habitare in unum, d’habiter ensemble comme un don venu d’en haut. »
Heureux ceux qui se donnent, p. 175.
Seigneur,
cette terre que nous habitons ensemble est notre maison commune, mais nous ne savons pas toujours la partager. Nous te prions pour toutes les personnes qui sont contraintes de quitter leur maison, leur terre pour prendre la route de la migration. Ouvre nos yeux sur la réalité de nos frère et sœurs en migration, et conduis-les où ils pourront vivre en paix et dans la dignité.

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Ecrit ainsi dans l’invitation à son engagement définitif
« Je suis inquiet de Toi avec moi, et puis je suis inquiet – vois-Tu – de Toi au monde.
Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-Tu aimé ?
Faut-il Te redire qui je suis : cet enfant perdu, retrouvé…
Eh bien, Te voilà tenu de me tenir jusqu’au bout, c’est grave tu sais…
C’est bien risqué, c’est fou mon Dieu
c’est vrai c’est Toi ma joie blessée.
Tu sais bien, Toi, que je t’aime. »
Seigneur,
Nous te prions pour tous ceux qui engagent leur vie pour Dieu, pour la paix, pour les autres. Donne leur de toujours trouver leur source et leur force en toi. Au moment des difficultés, des crises, de trouver le sens des blessures dans ton cœur transpercé.
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Ecrit après la première visite du GIA (Groupe Islamique Armé), à Noël 1993 :
« Après Noël 1993, tous nous avons choisi (rechoisi) de vivre ici ensemble. Ce choix avait été préparé par les renoncements antérieurs de chacun (à la famille, à la communauté d’origine, pays …). Et la mort brutale – de l’un de nous, ou de tous à la fois – ne serait qu’une conséquence de ce choix de vie à la suite du Christ (même si ce n’est pas directement prévu comme tel dans nos Constitutions !). Notre évêque nous invite souvent, par la parole et par l’exemple, à nous laisser ainsi renouveler au fondement même de notre « offrande de vie ». »
Heureux ceux qui se donnent, p. 198.
Seigneur, comme nous le disons dans l’Evangile : « voici que nous avons tout quitté pour te suivre ». Renouvelle en nous la joie de cheminer à ta suite, sans regard en arrière, mais résolument fixés sur Toi. Que ce don de nos vies irrigue nos relations fraternelles.
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« C’est le Carême, il faut l’aborder avec un esprit neuf : ne pas regarder en arrière, être détaché à la fois du bien qu’on a pu faire, et du mal qu’on a pu faire, mais fixer la Résurrection, et une nouvelle vie […] Nous sommes tous des boiteux, des pauvres à peine remis de la faiblesse de leur péché et qui souvent retombent, surtout dans les fautes de faiblesse si difficiles à supporter parce qu’on a le sentiment qu’on ne s’en sortira jamais. C’est dans le concret des jours que se réalise notre route. »
Frère Luc, la biographie, du Père Thomas Georgeon, Editions Bayard, p. 146.
Seigneur notre Dieu,
En ce temps où les chrétiens entrent en Carême et où nos frères musulmans commencent le Ramadan, nous te demandons la grâce de te chercher d’un cœur sincère, un cœur pauvre capable de jeûner non seulement de nourriture, mais d’orgueil, de jugement et de violence. Donne nous de marcher avec un cœur désarmé, réconcilié, capable d’aimer jusqu’au bout.